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Endoscopie et échographie

Intérêt général de l’endoscopie bronchique

Alors que l’endoscopie bronchique est un outil de base indispensable à la pratique pneumologique, elle était inconnue dans la plupart des pays en développement (PED), dans les années 80-90.

Introduite au Gabon, de 1981 à 84, par Pierre L‘her, elle était méconnue dans les autres pays d’Afrique centrale et, en Afrique de l’Ouest n’était pratiquée qu’en Côte d’Ivoire. En Asie, l’endoscopie  était inconnue au Cambodge et au Laos.

Pourtant, l’intérêt de la fibroscopie apparaît plus évident dans des pays endémiques de tuberculose, de SIDA et des affections respiratoires opportunistes associées.

L’aspiration bronchique et le lavage broncho-alvéolaire (LBA) permettent une documentation microbiologique plus sensible avec comme conséquences positives une réduction des traitements antituberculeux par excès, et de la mortalité associée au sous diagnostic d’autres types d’infections respiratoires ou de cancers broncho-pulmonaires.

“Chez un patient fumeur, pas de diagnostic de tuberculose sans endoscopie

Actions menées

Don de matériel

Le prérequis au développement de la technique réside dans l’acquisition de matériel.

L’endoscope en premier lieu mais également l’ensemble des consommables qui en découlent : Pinces à biopsie, pot d’aspiration, produits d’anesthésie locale.

Haïti: 1 fibroscope Storz neuf, remis en janvier 2013 au Dr Joëlle Philogène, titulaire du DES de pneumologie français, qui anime un service de pneumologie au Sana de Port-au-Prince

Cambodge : de 1995 à 2019 : plusieurs endoscpes souples, rigides et matériel de vidéoendoscopie ont été donné dasn différents hopitaux du pays . En particulier à  l’Hôpital Calmette (3 fibroscopes,  1 bronchoscope rigide,  1 colonne vidéo avec  2 vidéo-endoscopes, un ensemble de cryothérapie ), à l’Hôpital AKS (3 fibroscopes), à l’Hôpital national pédiatrique de Phnom Penh (2 fibroscopes,  1 bronchoscope rigide), à l’Hôpital provincial Battambang (1  fibroscope bronchique, 1 fibroscope gastrique)

Laos :  de 2008 à 2019, don de 4 fibroscopes, 2 sources de lumière, un télépack Zeiss (caméra + écran)

Madagascar: de 2009 à 2019 : des dons ont été effectué dans plusieurs hôpitaux : Centre hospitalier militaire Soavinandriana (ex Girard & Robic) (2 fibroscopes), CHU Joseph Raseta Befelatana (3 fibroscopes), CHU de Mahajanga (1 colonne vidéo et 2 vidéo-endoscopes)

Senegal 2013-2014 : don d’un Bronchoscope rigide kit complet

Togo : 2006 : don d’un fibroscope au CHU Sylvanus Olympio Lomé

Guinée: Apport de dispositifs d’aspiration permettant la remise en service de l’endoscopie.

 

Mise en place du circuit d’entretien et de désinfection

Le développement de la technique implique, pour une utilisation pérenne, d’être associée à la mise en place d’un circuit d’entretien de l’appareil. Le circuit de désinfection notamment doit être opérationnel.

Celui-ci implique également la formation du personnel à ces dispositifs.

 

Formation et compagnonnage

L’utilisation en pratique courante se heurte dans la majorité des pays en développement au manque de formation. Celle-ci représente de ce fait un enjeu majeur.

L’objectif réside dans l’appropriation et l’autonomisation des personnels formés aboutissant à la transmission locale des compétences.

Nos actions comportent en particulier des sessions de formation théorique et pratique, l’acquisition d’un mannequin d’intubation et de navigation bronchique, échange et jumelage entre médecins Cambodgien et hôpitaux français (notamment l’hôpital Calmette de Phnom Penh et l’hôpital Tenon), formation d’infirmiers et compagnonnage.

Cambodge: Après les Accords de Paris en octobre 1991, le Ministère des Affaires Etrangères français (MAE), souhaite rétablir une Coopération- Santé officielle. Sollicité comme interniste, Pierre L’Her, au cours d’une mission en juin 1992, a réalisé que, pour être vraiment utile, il fallait apporter une technique. Il a conditionné son acceptation du poste à l’achat par le MAE d’une fibroscope bronchique et d’un vidéo-endoscope.

A l’hôpital Calmette, Au cours de 2 séances hebdomadaires pendant l’année 93, il a formé 3 médecins, dont le Dr Chea Savuth. Une infirmière de la Coopération française a formé un infirmier aux techniques des prélèvements et à la désinfection du matériel. Avant son départ en stage de Médecine Interne en France,  le Dr Savuth a formé le Pr Chan Sarin et l’endoscopie a perduré. Le Pr Sarin, excellent endoscopiste, est devenu l’endoscopiste des études cliniques ANRS 1260 (Phnom Penh devenant en 2002 site pilote de cette étude multicentrique Afrique/Asie) et ANRS 1295 CAMELIA.  Sarin et  son collègue Bun Paul ont poursuivi les formations. Actuellement, 4 médecins font des endoscopies bronchiques à Calmette. En 2020, 869 gestes endoscopiques ont été réalisées.

A l’hôpital de l’amitié khmero-sovietique (AKS), la formation à l’endoscopie bronchique a été faite, depuis 1995, au cours des 2 missions annuelles de l’OFCP, par FX Lebas, Marie Bénichou et Etienne Leroy Terquem. Des médecins, comme le Dr Chun Im, sont devenus experts en fibroscopie et LBA sans jamais avoir quitté Phnom Penh. D’août 2002 à décembre 2005, ce service est devenu le centre des endoscopies et LBA pour l’étude ANRS 1260, Pneumokam. Actuellement, 4 médecins pratiquent l’endoscopie à l’HAKS, sous la direction du Pr Van Mich, formé à Brest dans le service de Christophe Leroyer.

A l’hôpital universitaire pour adultes Preah Kossamak, l’endoscopie est également pratiquée dans le service de pneumologie, sous la direction du Pr Ny Chanty, formé à Lyon et aussi à Créteil par Gilles Mangiapan.

A l’hôpital national pédiatrique, le Pr Eap Tek Chheng a créé un service de pneumo pédiatrie. Formé à l’endoscopie adulte dans le service de Pierre L’Her à l’hôpital Percy, il a appris l’endoscopie pédiatrique auprès de FX Lebas au Mans et de Brigitte Fauroux, à St Vincent de Paul.

Au CENAT (National Center for Tuberculosis and Leprosy Control) où pendant 1 an se sont succédés 3 sessions de formation à l’endoscopie bronchique. Malheureusement suite à un décès par hémoptysie, la technique a été abandonnée 1 an plus tard.

Les actions ont été poursuivies en province :

A l’hôpital de Battambang, sous l’égide du programme nationale de lutte contre la tuberculose, associé à un relais de médecins sans frontière (MSF) sur place, l’endoscopie a été introduite à la demande du Dr Saint Saly et du Dr Kek Sala. Etienne Leroy Terquem a assuré la formation. Après plusieurs années de fonctionnement, l’endoscopie a disparu. En 2019, FX Lebas et Serge Girard ont repris contact avec Battambang apportant un fibroscope. En l’absence de médecin formé a son utilisation, ils ont laissé le fibroscope à Calmette

Ces projets ont vu le jour sous l’impulsion de l’Organisation Franco-Cambodgienne de Pneumologie (OFCP) qui allait devenir l’actuel Soutien Pneumologique International (SPI).

Laos : SPI intervient depuis 2004 par une formation annuelle, à Vientiane et dans les Provinces, pour le Programme National TB, le MCLD (Medical course on lung diseases) et par un compagnonnage dans 2 hôpitaux de Vientiane, le service de pneumologie de Mahosot et le service Infectieux-TB de Setthathirath.

Dans le service de pneumologie de Mahosot, l’endoscopie bronchique a été implantée en 2008. Un accompagnement à la pratique de l’examen a été fait lors des missions, par Marie Bénichou en particulier, mais la pratique est restée modeste.

Dans le 3ème Hôpital Universitaire de Vientiane, Mittaphab, Pierre L’Her et François Blanc-Jouvan ont organisé, en mai 2019, une première formation théorique et pratique,  à l’endoscopie bronchique. Un technicien de Storz a mis en fonction les matériels, des infirmières de Mahosot ont formé les infirmières de Mittaphab à la préparation et à la désinfection des matériels. Deux autres ateliers ont eu lieu en 2019 et 2020 organisés par le Dr François Blanc-Jouvan et Syxiong Bisayer.

Pour faciliter l’apprentissage, SPI a notamment fait l’acquisition d’un mannequin d’intubation et de navigation dans les bronches.

La pratique reste fragile et la création depuis 2018 du DU de pneumologie au Laos pourrait permettre de redynamiser son développement.

Madagascar: SPI a participé à la formation des endoscopistes de Madagascar, en particulier Olivier Brun qui a formé, par des stages à Perpignan, 3 médecins de l’hôpital militaire et le Pr Rondro Raharimananana, lorsqu’elle travaillait à Majunga.

Sénégal: A Dakar, trois missions ont été menés en 2013, 2016 et 2018 avec pour objectif la formation à l’endoscopie interventionnelle (retrait de corps étranger, thermocoagulation).

 

État des lieux et perspectives

Actuellement grâce à l’intervention de SPI et à la relève locale, l’endoscopie bronchique est pratiquée en routine au Cambodge et au Gabon particulièrement. La formation reste active au Laos et les fibroscopes acheminés dans différents pays (Madagascar, Togo, Burkina Faso) restent fonctionnels. Des problématiques restent récurrentes et les efforts doivent se poursuivre dans différents domaines : Formation et autonomisation, Financement, Aménagement et disponibilité des locaux, Approvisionnement de matériels consommables, Qualité des laboratoires d’aval pour l’analyse des prélèvements, Circuit de désinfection

Fort des expériences déjà menées et conscients des besoins restants, nous devons renforcer les acquis et nous projeter vers des projets futurs avec comme perspectives: formation des personnels soignants, médecins et infirmiers, maintient du compagnonnage, Œuvrer vers l’autosuffisance, développert de l’endoscopie interventionnelle

ECHOGRAPHIE THORACIQUE

L’échographie thoracique est un outil indispensable à la prise en charge des pathologies pleurales, fréquentes dans tous les pays du monde. Les appareils sont devenus ultraportables et leur prix ont chuté.

SPI à donner un appareil ultraportable à l’hôpital Mahosot et la formation a été assurée par Gilles Mangiapan, coordonnateur du G-ECHO.

Par la suite, les formations à la prise en charge des pathologies pleurales et à l’échographie ont été assurée au Laos lors du module «pathologie pleurale»  du DU franco Laotien de pneumologie.

Dorénavant, à Mahosot, tous les abords pleuraux (ponction, biopsie, drainage) se font sous repérage échographique et anesthésie locale selon les recommandations internationales.

En Guinée, un échographe a été donné et la formation a été assurée par Camille Techoueyres.

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